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Les vampires à la fin de la guerre d’Algérie. Mythe ou réalité ?
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Les vampires à la fin de la guerre d’Algérie. Mythe ou réalité ?

De Gregor Mathias, Préface de Guy Pervillé, Michalon éditeur, 2014

1962, l’Algérie en plein chaos de la fin de la guerre, en proie aux attentats perpétrés par le FLN d’une part et de l’OAS d’autre part, devient le théâtre d’un nombre inconsidéré d’enlèvements et de mystérieuses disparitions d’Européens civils et militaires de toutes les classes, sans distinction d’âge. Quel sort leur est-il réservé ? Si ces enlèvements ont été prouvés, catégorisés et chiffrés, notamment par l’historien Jean-Jacques Jordi, aucune cause systématique n’a pourtant été mise en avant. A Alger et Oran, pourtant, des rumeurs courent, le FLN enlèverait ces Européens dans le but de prélever leur sang afin de transfuser les nombreux blessés musulmans civils et combattants de l’ALN...

C’est sur cette troublante et inimaginable hypothèse que l’auteur, Gregor Mathias, s’est penché et a mené des recherches durant huit années.

Il remonte ainsi le fil des événements de ces derniers mois qui aboutirent à l’Indépendance de l’Algérie. Il montre ainsi dans un premier temps comment, suite aux actions de l’OAS, des structures médicales FLN ont été mises en place dans le plus grand secret pour soigner les musulmans et blessés FLN et ALN. Des structures qui manquent rapidement d’approvisionnement en sang pour pratiquer les transfusions nécessaires aux blessés, de plus en plus nombreux du fait de la recrudescence des attentats OAS cherchant à empêcher les Accords d’Evian. Déjà des premiers témoignages de rescapés des enlèvements évoquent des prélèvements forcés de sang. A Alger, la rumeur court aussi que des corps exsangues d’Européens sont retrouvés dans des charniers. Si l’existence de ces charniers est prouvée, la cause des décès n’a pas été mentionnée dans les rapports. L’hypothèse n’est donc pas encore étayée de preuves formelles.

L’auteur se voit confier lors de ses recherches un rapport militaire de la Légion ayant échappé à la destruction opérée lors de l’évacuation des unités de la Légion étrangère de Sidi Bel Abbès. Un rapport traite du cas d’un légionnaire enlevé qui réussit à écrire de son lieu de détention à son frère et à expliquer les causes de son enlèvement. La personnalité de ce légionnaire, après nombreuses vérifications, ne laissant aucun doute planer sur l’honnêteté de ses propos, son témoignage par lettre en est que plus troublant et apporte pour la première fois des éléments étayant la théorie des prélèvements de sang forcés sur Européens jusqu’à que mort s’en suive.

L’enquête de l’auteur se poursuit par l’étude des rumeurs courant sur cette pratique à Oran. Là aussi il montre bien la création de structures médicales du FLN pour répondre au besoin des soins des populations des quartiers musulmans qui se voient là aussi refoulés des hôpitaux européens. Mais à Oran, rien de concret pour étayer son hypothèse… jusqu’au témoignage livré récemment par un rescapé, alors policier à Oran en 1962. Ce dernier évoque ses interrogatoires, sa détention, dans ce lieu qui semble être les abattoirs de la ville, les autres détenus, à bout de force, livides, se plaignant de prélèvements forcés… ainsi que les cadavres ne laissant aucun doute sur la cause de leur décès. Un témoignage recoupé ensuite avec de nombreux autres, militaires, médecins, civils etc. apportant au final toujours plus de précisions et ne laissant plus de place au doute…

L’auteur a donc mené enquête minutieuse et extrêmement précise quant aux différents lieux et identités des personnes ayant eu vent ou ayant été acteurs ou victimes. Il a confronté sans aucun a priori les archives militaires, études algériennes, archives du CICR de Genève et a passé au peigne fin de la critique historique l’ensemble des témoignages écrits et oraux de rescapés aussi bien que des témoignages écrits par des victimes d’enlèvements ayant réussi avant de mourir à les faire transmettre à leurs proches. Une enquête aboutissant à lever enfin le voile sur une réalité historique qui n’avait jamais été prouvée jusque-là et que l’on peut aussi porter à l’étude dans d’autres conflits sur d’autres continents... Un travail remarquable et remarquablement écrit.

Emmanuelle Papot-Chanteranne
Responsable du CRD
FM-GACMT 2014

Broché : 187 pages

Editeur : Michalon (4 septembre 2014)

Collection : Document

Langue : Français

ISBN-10 : 2841867560

ISBN-13 : 978-2841867561

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