
Des armes de l'émir Abd el-Kader prochainement restituées à l'Algérie
Des armes ayant appartenu à l’émir Abd el-kader ont été présentées le 4 mars à Stains, en banlieue nord de Paris, lors d’une soirée de ramadan organisée en présence du maire, du sénateur Ahmed Laouedj, du député Carlos Martens Bilongo et de l’historien Benjamin Stora, spécialiste reconnu de l’histoire de l’Algérie. Ces armes doivent prochainement être restituées à l’Algérie afin d’y être exposées dans un musée. L’initiative n’émane toutefois pas de l’État français, mais de la Fédération franco-algérienne de consolidation et du renouveau (FFA), organisatrice de la soirée et acquéreuse des pièces lors d’une vente aux enchères récente.
Créée en 2023, la FFA affirme dans ses statuts vouloir « concourir au développement des relations de coopération et de progrès entre la France et l’Algérie », en partenariat avec les élus, la société civile et toute partie souhaitant s’inscrire dans cette dynamique. Dans ses prises de position publiques, elle adopte le plus souvent une ligne proche de celle d’Alger. Cette restitution ne relève donc pas d’une décision politique officielle visant à répondre aux demandes algériennes en matière d’objets historiques — un sujet particulièrement sensible dans les relations bilatérales.
L’Algérie réclame depuis plusieurs années la restitution du sabre remis par Abdelkader au duc d’Aumale lors de sa reddition, le 23 décembre 1847, aujourd’hui exposé au musée de l’Armée à Paris, ainsi que du caftan (souvent appelé « burnous ») offert par son fils, l’émir El Hachemi, à la même institution en 1897. Alger demande également le retour de deux manuscrits religieux saisis pendant la conquête coloniale, improprement présentés comme des Corans.
Nommé « ambassadeur de la paix » par la FFA lors de la soirée du 4 mars, Benjamin Stora milite depuis longtemps pour ces gestes symboliques de reconnaissance. Président, depuis 2022, de la délégation française de la commission mixte algéro-française sur la mémoire et la colonisation — créée après la visite d’Emmanuel Macron à Alger —, l’historien rappelle régulièrement le rôle apaisant que pourraient jouer de telles restitutions. En début d’année, l’ancienne ministre Ségolène Royal, aujourd’hui présidente de l’Association France-Algérie, avait d’ailleurs relayé cette demande lors d’un déplacement à Alger.
Mais depuis 2022, les relations entre Paris et Alger se sont considérablement détériorées, et les travaux de la commission d’historiens sont suspendus. Plusieurs objets emblématiques, à l’image du canon Baba Merzoug, font toujours l’objet de revendications. Pourtant, aucune restitution d’envergure ne semble envisagée à court terme.
Au printemps 2025, Benjamin Stora avait exprimé son exaspération : « On vient nous parler de repentance, alors qu’on n’est même pas capables de restituer un Coran, une épée, un burnous à l’Algérie. Rien n’a été rendu. Absolument rien », déplorait-il alors.
Texte d’après un article d’Olivier Marbot, rédacteur en chef adjoint Politique à Jeune Afrique.
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