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Le déplacement en Algérie de Mme Ségolène Royal, nouvelle présidente de l'Association France-Algérie
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Le déplacement en Algérie de Mme Ségolène Royal, nouvelle présidente de l'Association France-Algérie

En sa qualité de nouvelle présidente de l'Association France-Algérie, l'ancienne ministre Ségolène Royal, a mené du 26 au 30 janvier 2026 un déplacement à forte charge politique, se positionnant comme une figure de médiation alternative dans un contexte de crise diplomatique aiguë entre l'Élysée et la présidence algérienne. Reçue avec les honneurs par le président Abdelmadjid Tebboune — un privilège rarement accordé à des personnalités n'occupant plus de fonctions officielles — elle a plaidé pour un "devoir d'amitié" et une reconstruction des ponts, tout en tenant des propos très critiques envers la politique française actuelle qu'elle a parfois qualifiée d'inadaptée aux réalités de l'Algérie contemporaine.

Son séjour a été marqué par une volonté affichée de "dégel" par la société civile et l'économie, multipliant les rencontres avec les acteurs de la Chambre algérienne de commerce et d'industrie pour explorer des pistes de coopération dans l'énergie et la formation. Ségolène Royal a suscité de vives réactions en France en appelant à un geste fort de Paris, notamment sur la restitution des biens culturels spoliés, et en défendant la souveraineté algérienne face à ce qu'elle a nommé une forme d'"algérophobie" médiatique. Si ses détracteurs l'ont accusée de s'être prêtée à une mise en scène du pouvoir algérien, ses partisans ont salué une "diplomatie de la sagesse" capable de maintenir un fil de dialogue là où les canaux officiels s'étaient rompus. En se tenant à distance des dossiers sécuritaires les plus brûlants, elle a ainsi tenté de réhabiliter une approche fondée sur l'empathie et le respect mutuel…

L'accueil médiatique de la visite de Ségolène Royal a révélé un contraste saisissant entre les deux rives, illustrant parfaitement la fracture diplomatique actuelle. En Algérie, la presse nationale a unanimement salué une "voix de la raison" et une "démarche courageuse". Des titres comme El Moudjahid ou TSA ont mis en avant ses propos sur la restitution des biens culturels et ses critiques contre l'extrême droite française, y voyant le signe qu'une autre relation, fondée sur le respect de la souveraineté, reste possible. Sa rencontre avec le président Tebboune et sa visite au journaliste Christophe Gleizes ont été interprétées comme les preuves d'une diplomatie d'influence réussie, capable de débloquer des dossiers là où l'État français officiel échouait.

À l'inverse, une large partie des médias français a accueilli ce déplacement avec une sévérité notoire. Si certains titres ont souligné l'utilité de maintenir un canal de discussion, de nombreux éditorialistes et figures politiques, notamment à droite, ont fustigé une "diplomatie parallèle" jugée contre-productive, voire "scandaleuse". Il lui a été reproché d'avoir cautionné le récit mémoriel d'Alger et d'avoir critiqué la politique de son propre pays à l'étranger, certains commentateurs allant jusqu'à qualifier ses interventions d'aveu de faiblesse. Cette réception binaire montre que si Ségolène Royal a réussi son pari de "dégel" auprès des autorités algériennes, elle a simultanément cristallisé les tensions internes françaises sur la manière de gérer le partenaire algérien.

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