
Qui se ressemble (Roman)
d’Agnès Desarthe, La Resonnante, janvier 2026, 192 pages.

Résumé
Le récit suit plusieurs fils narratifs qui s’entrelacent autour d’une famille juive venue de Libye puis passée par l’Algérie avant de s’installer en France. Agnès Desarthe revient sur l’enfance, sur la figure du père (venu d’Algérie en 1956, moment où il découvre la France), sur la grand-mère Bouba, et sur la manière dont une petite fille perçoit confusément la guerre, la peur et les appartenances. La chanson Enta Omri d’Oum Kalsoum sert de fil conducteur, presque de mémoire sonore, permettant de relier la parole, les souvenirs et les héritages culturels.
Personnages et figures
La narratrice : une enfant qui observe sans tout comprendre, mais qui ressent intensément les tensions familiales et historiques.
Bouba : la grand-mère paternelle, figure centrale de la transmission, liée à la langue arabe, à l’exil et à une forte présence symbolique.
Le père : présenté à travers l’exil, l’arrivée en France et une mémoire familiale traversée par les ruptures.
Oum Kalsoum : plus qu’une artiste, elle devient une figure de comparaison, de projection et de continuité entre les mondes.
Thèmes majeurs
L’exil et la migration : le livre évoque les déplacements de la famille entre Libye, Algérie et France, et la transformation identitaire qu’ils entraînent.
La langue : l’arabe, le français, la traduction et l’intraduisible structurent la réflexion sur la transmission.
La mémoire familiale : le récit reconstruit un passé à partir de fragments, d’images et d’échos plutôt que d’un récit linéaire.
L’identité et l’altérité : la ressemblance n’est pas présentée comme simple identité, mais comme une relation complexe, parfois trompeuse, entre êtres, cultures et histoires.
La musique : Oum Kalsoum et Enta Omri donnent au livre sa structure sensible et sa tonalité mémorielle.
Présentation et analyse
Qui se ressemble prend appui sur une mémoire familiale marquée par l’exil, la langue et la transmission, en croisant le destin de plusieurs figures, notamment le père de l’autrice, sa grand-mère Bouba et la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum. Le livre s’ouvre sur le 6 octobre 1973, jour du déclenchement de la guerre du Kippour, vécu à hauteur d’enfant, ce qui donne au récit une entrée à la fois intime et historique. Le titre, volontairement tronqué, interroge l’expression « qui se ressemble s’assemble » et place la ressemblance au cœur d’une réflexion sur l’identité, l’altérité et les liens familiaux.
Le texte se distingue par une écriture de la résonance, fondée sur les rapprochements, les répétitions et les variations, plutôt que sur une progression strictement chronologique. Plusieurs critiques soulignent que Desarthe laisse venir les souvenirs par associations, comme si le récit obéissait au rythme d’une chanson plus qu’à celui d’une autobiographie classique. Cette forme renforce la dimension sensible du livre : la mémoire n’y est pas expliquée de manière abstraite, elle est mise en scène dans ses hésitations, ses retours et ses trouées.
Ce livre peut être particulièrement intéressant pour les élèves de lycée ou des étudiants en université parce qu’il croise plusieurs champs d’étude : l’autobiographie, la littérature de la mémoire, les études sur l’exil, la question des identités juives et arabes, ainsi que le rapport entre littérature et musique. Il peut aussi être lu comme un texte sur les conflits de filiation et sur la manière dont une histoire collective s’inscrit dans le plus intime. Enfin, la place donnée à Oum Kalsoum permet d’étudier la fonction de la référence culturelle comme outil de construction de soi et de transmission.
Référence du livre
Titre : Qui se ressemble
Autrice : Agnès Desarthe
Éditeur : Buchet-Chastel
Collection : La Résonnante
Date de parution : janvier 2026
Genre : récit littéraire à forte dimension autobiographique, entre roman, mémoire familiale et réflexion sur l’identité
ISBN : 978-22-83041-30-7
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