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Les militaires portés disparus, un dossier peu connu
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Les militaires portés disparus, un dossier peu connu

Article du Général Fournier

La guerre d’Algérie a entraîné la disparition de militaires français.

Le terme de militaires français s’applique ici aux militaires français (de souche européenne ou nord-africaine) appartenant à l’armée régulière, c’est-à-dire engagés ou appelés, servant dans une formation identifiée de l’armée française, à l’exclusion des supplétifs, qui n’entrent pas dans le cadre des recherches effectuées par SOLDIS.

Mais que ce soit pendant la guerre elle-même, à la fin de celle-ci ou encore aujourd’hui, plus de cinquante ans après les faits, personne n’est en mesure d’en donner ni le nombre exact, ni la liste nominative.

Durant la guerre, dont il est indispensable de rappeler qu’elle se déroulait sur le territoire de départements français, il était en effet, pour cette raison, impossible à l’armée française et aux autorités politiques de reconnaître publiquement que des soldats de l’armée régulière pouvaient avoir été faits prisonniers ou que l’on ignore le sort de ceux qui, en plein combat, avaient « disparus aux yeux de leurs camarades », selon la définition administrative militaire de la disparition. 

Car, aucune guerre n’étant déclarée officiellement en Algérie, le gouvernement français ne pouvait reconnaître aucun adversaire officiel avec qui négocier ou échanger des informations sur les prisonniers. 

C’était en outre, en raison de la menace qu’elle signifiait pour les troupes isolées, une information susceptible de porter atteinte au moral de l’armée et il était donc considéré comme normal d’en faire un dossier confidentiel.

Cette attitude s’étendit même aux familles des intéressés, que l’on laissa dans l’ignorance la plus complète, y compris des circonstances de la disparition et des mesures prises –quand il y en avait eues- pour rechercher les « manquants ». Il arriva même parfois que l’on fasse planer un soupçon de désertion sur certains individus, jetant les familles dans l’opprobre et une attitude de silence honteux. 

La preuve de nombreuses disparitions existait pourtant, puisque des militaires français capturés ou enlevés purent soit s’évader, soit être libérés après une détention dans des camps situés en Tunisie et au Maroc. Mais ces exemples furent peu nombreux. 

Et personne ne sut jamais comment étaient morts ces prisonniers français qui, jusqu’au terme de leur vie, ont dû espérer que l’on viendrait à leur secours. 

On retrouva en revanche, par hasard ou sur renseignement, un certain nombre de corps inhumés à la hâte, mais qui purent être identifiés. Ces soldats n’appartenaient plus alors au monde des disparus. 

Car le problème de la disparition réside, pour les familiers du disparu, dans l’absence formelle de preuve de la mort, dont la principale est la découverte du corps, auquel il est alors possible de rendre un ultime hommage, même virtuel et tardif.

Quelques démarches furent toutefois entreprises, au lendemain de la guerre et notamment dans les premiers jours de l’indépendance de l’Algérie, car, après le 19 mars 1962, de nombreux enlèvements de militaires de l’armée régulière furent alors encore commis et attirèrent l’attention. 

Mais ces travaux ne furent jamais coordonnés et aucune instance officielle, disposant pourtant des archives alors fermées à la recherche publique, ne se livra à un inventaire précis de toutes les disparitions survenues depuis le déclenchement des « événements d’Algérie ». 

C’est ainsi que l’on ne peut disposer aujourd’hui, cinquante ans après la fin de cette guerre, que de diverses estimations du nombre de ces « militaires disparus », fruits d’études réalisées par des chercheurs privés, n’ayant pas toujours eu la possibilité d’accéder aux archives complètes. 

Par leur imprécision même, ces estimations témoignent de la nature du problème posé. Par l’ampleur des chiffres évalués, elles révèlent aussi un problème qui est loin d‘être anecdotique, puisque le total de ces estimations correspond, grossièrement, à l’équivalent d’un bataillon perdu. Car, il faut aussi le préciser, ces disparitions concernent des militaires (y compris au moins une femme) de tous grades (de soldat à officier supérieur), de toutes les armes et de tous les statuts.

Selon les sources, on estime le nombre de militaires français disparus entre 400 et 600. 

C’est pour effectuer ce travail de recensement que l’association SOLDIS ALGÉRIE s’est constituée, le 1er novembre 2014. Se voulant le porte-parole de tous ces militaires français portés disparus (et de leurs familles) aujourd’hui tombés dans l’oubli et dont le souvenir est indistinctement mêlé à celui des morts, elle souhaite apporter sa collaboration au Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants qui soutient sa démarche. 

Découvrir SOLDIS et la cause des Militaires portés disparus

 

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Ce site a été réalisé avec le soutien du ministère des armées - direction des patrimoines, de la mémoire et des archives

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