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Colloque : Les harkis, des mémoires à l'histoire
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Colloque : Les harkis, des mémoires à l'histoire

Les 29 (après-midi) et 30 novembre 2013, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie organise un colloque : « Les harkis : des mémoires à l'histoire ». Il se tiendra à l’amphithéâtre Austerlitz, Hôtel national des Invalides.

1962-2013. Année après année, la recherche historique progresse, avec pour ambition de rapprocher mémoires et histoire sur la voie de l’apaisement. Une question suscite encore un débat très particulier : celle des supplétifs. Pratique très ancienne et qui concerne non seulement l’expansion française mais aussi les expansions européennes, notamment britannique.

L’expérience française en la matière remonte aux expéditions des Indes avec les Cipayes, aux Amériques avec les Hurons, en Afrique noire avec les Laptots, aux Caraïbes …. Durant la guerre d’Algérie (1954-1962), les « français musulmans » selon la terminologie de l’époque, ont été employés comme troupes supplétives par la France. Une catégorie particulière se détache de cet ensemble. Elle en est parfois proche, parfois éloignée, celle des harkis, dont l’identification et le rôle doivent être approchés de façon singulière et unique.

Qui étaient-ils, ces harkis ?

Ce colloque a pour objet d’apporter sinon des réponses satisfaisantes et définitives, du moins des éléments et des éclairages qui rendent justice à des hommes qui ont été des acteurs importants d’un moment de notre histoire. C’est la raison pour laquelle il est demandé aujourd’hui à des historiens et à des personnalités particulièrement compétentes d’apporter à la fois la rigueur de l’analyse et l’intérêt du témoignage. Ce colloque n’a pas d’autre ambition et encore moins celle de distribuer le blâme ou l’éloge selon les publics et les circonstances.

Les supplétifs et l’armée française :

Le terme « harki » vient de l’arabe « harka », l’unité supplétive en mouvement. L’utilisation à des fins militaires d’unités de supplétifs n’est pas une création française et ne date pas de la Guerre d’Algérie. Le Dey d’Alger au service de l’Empire ottoman en levait ponctuellement pour servir d’appoint à ses troupes. La levée de harkas par les sultans chérifiens était une pratique courante. Dès 1831 la France entreprit de recruter des supplétifs pour renforcer son dispositif de conquête. Ceux-ci formeront plus tard des unités régulières de Spahis, Zouaves et Tirailleurs qui une fois la conquête achevée seront incorporées à l’Armée d’Afrique. Mais c’est bien durant les guerres d’Indochine et d’Algérie que l’emploi d’unités recrutées et utilisées localement à la différence des formations enrégimentées se généralise. La conduite des opérations apparait en effet comme intimement liée à la bonne connaissance des populations, de leur langue et du terrain.

La guerre d’Algérie et les harkis :

Le colloque s’attachera d’abord à déterminer la nature et le nombre d’unités de supplétifs, parmi lesquels ceux qu’on peut spécifiquement dénommer harkis. D’autre part il est évident que les motivations des engagements restent à la fois variées et complexes, s’inscrivant dans des réalités historiques, géographiques, démographiques, économiques et juridiques très différentes.
Ces unités constituent le maillon indispensable du dispositif de pacification dans une Algérie immense et très diversifiée : protection de villages, observation, escorte de convois ou patrouilles et opérations pour les commandos de chasse, constituaient alors l’essentiel de leur action. Le dispositif des S.A.S. et des S.A.U. sans se rattacher stricto sensu à l’organisation militaire englobera des effectifs qui connaîtront le sort des harkis.
Menés par de jeunes officiers avec qui se noue une relation de confiance réciproque, les harkis rempliront toutes les missions qui leur seront données. En 1962 à la fin de la guerre d’Algérie, le sort des supplétifs sera très divers et tragique, spécifiquement pour les harkis désarmés, alors que les troupes régulières quittent progressivement l’Algérie. Dans tous les cas, naîtra un sentiment d’abandon, de trahison et de rancœur. Ce sentiment court à travers les générations. Il est donc entré dans l’histoire. Il est entré dans l’histoire de la France. 
Après 1962, à une identification militaire déjà complexe à établir est venu s’ajouter, compte tenu des circonstances, le problème fondamental de l’identité de ces familles transplantées.

Identités et représentations d’hier à aujourd’hui :

Après plus d’une décennie de silence et les mouvements de 1975 dans les camps de regroupement, la question des harkis réapparaît dans les années 1980. Puis, signe d’un malaise profond qui n’a pas été traité, en 1991, les descendants de ces harkis prennent eux-mêmes en mains des revendications ignorées. C’est à cette époque qu’apparaissent les contours d’une communauté de mémoires des Harkis, englobant tous ceux qui sont liés entre eux par l’histoire de la guerre d’Algérie et ses prolongements permanents. La Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie veut apporter ainsi sa contribution à la connaissance de ces communautés issues de temps tragiques.

Par ses prolongements mémoriels et ses controverses, la question harki demeure certes un enjeu politique, mais elle nous conduit aussi à des réflexions et des enseignements importants, diversifiés, en particulier sur le statut et le sort de ceux qui ne sont pas toujours français et que nous engageons à nos côtés dans des combats lointains.

Pour en savoir plus sur le colloque

Les Harkis, grande cause

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Ce site a été réalisé avec le soutien du ministère des armées - direction des patrimoines, de la mémoire et des archives

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